Réfugiés bloquent le convoi des ONG pour les empêcher de quitter le Van

[TamilNet, 12. Septembre 2008 15:51 GMT]
Un grand nombre de personnes déplacées se sont rassemblées vendredi matin devant le bureau de l´UNHCR au carrefour de Karadippoakku à Ki'linochchi, pour demander aux derniers fonctionnaires de l'ONU et des ONG internationales de ne pas quitter Ki'linochchi, leur présence étant essentielle, non seulement pour l'aide humanitaire, mais aussi pour conserver une zone sécurisée. La population craint, dans les jours à venir une politique de la terre brûlée de la part des militaires sri-lankais de Colombo, et qu´ils détruisent les principales villes du Vanni avec des bombardements aériens et d'artillerie.

Un groupe de personnes déplacées a bloqué le convoi de véhicules des ONG dans un mouvement de protestation pacifique à partir de 6h00, obligeant les ONG à abandonner leur départ vendredi.

IDPs protest in Vanni
Les personnes déplacées qui empêchent les véhicules des ONG et des Nations unies de quitter le Vanni.


IDPs protest in Vanni
Veluppillai Sivasubramaniyam déplacé d´Iluppaikkadavai
IDPs protest in Vanni
Anpu Santhirasekaran, déplacée de Jaffna en 1990, elle vit dans le Vanni
IDPs protest in Vanni
IDPs protest in Vanni
Les personnes déplacées devant le bureau de le Croix rouge au carrefour de Karadippoakku
IDPs protest in Vanni
Décrivant les pressions du Sri Lanka sur les ONG et les agences de l'ONU pour qu´ils quittent le Vanni comme un prélude à la mise en œuvre d´offensives militaires pour contrôler des zones supplémentaires autour de Ki'linochchi, une opération qui est susceptible d'entraîner de lourdes pertes en vies humaines et d'importantes destructions de biens et d'infrastructures, un groupe de personnes déplacées a organisé une manifestation de protestation. Ils ont bloqué, vendredi à la 55ème borne, devant le magasin du Programme Alimentaire Mondial (PAM), le convoi des véhicules des l'ONG et de l'ONU, pour l´empêcher de quitter Ki'inochchi.

Le correspondant de TamilNet qui s'est rendu sur les lieux a indiqué que les fonctionnaires du HCR et des ONG ont déclaré aux personnes déplacées qui manifestent, qu´ils ont été forcés de se retirer pour des raisons de sécurité, et qu'il n'y avait tout simplement plus rien qu'ils puissent faire, à part alerter leurs supérieurs hiérarchique de leur manifestation de protestation.

Les personnes déplacées qui se sont réunis devant le bureau du HCR [Human Right Commission / Commission des droits de l´homme] ont été déplacés plusieurs fois et ils viennent de Mannaar, Vadamaaradchi Est, Poonakari (Pooneryn), Nedunkea'ni, Vavuniyaa Nord, et d'autres secteurs du Vanni.

Un enseignant, déplacés de Mannaar déclare que les enfants sont particulièrement touchés par l'actuel départ des ONG et des organisations des Nations unies du Vanni. «C'est devenu un sujet de discussion dans les salles de classe. Les enfants se sentaient en sécurité dans un environnement protégé par les ONG en voyant leurs véhicules se déplaçant dans les rues de Ki’linochchi. C'est pourquoi nous avons préféré nous déplacer vers Ki'linochchi. Lorsque nos maisons, les hôpitaux, les écoles et des lieux de culte sont bombardés, les agences des Nations unies comme l'UNICEF témoignent des pertes et des dommages. Qui sera là à l'avenir pour témoigner de notre sort?» demande l´enseignant.

Une des personnes déplacées, K. lingam de Jaffna, qui a tenté de parler aux fonctionnaires du HCR, a déclaré à la presse que les gens étaient terrorisés par les bombardements aveugles, et craignaient un blocus de la part de l´armée du Sri Lanka (SLA).

«Nous sommes arrivé à un stade critique. Nous ne pouvons pas vivre avec dignité dans les zones contrôlées par la SLA. Si vous êtes obligés de tous nous quitter, à ce stade, au moins reconnaissez notre droit fondamental de vivre dans notre pays avec dignité», a été son message à l'intention des fonctionnaires qui se préparent à quitter le Vanni.

Les exécutions arbitraires, les disparitions forcées, les enlèvements, les détentions illégales et d'autres formes de violence contre les Tamouls du nord sont signalés en grand nombre au Sri Lanka, dans les zones contrôlées par l'armée. C´est pourquoi les personnes déplacées n´envisagent pas un déplacement dans la zone de démarcation de la SLA comme une solution viable, selon les sources de la société civile dans le Vanni.

Velupillai Sivasubramaniam, 48 ans, père de cinq enfants, déplacé d´Iluppaikkadavai avec sa famille, n´ayant rien pu prendre avec eux, déclare qu'ils n'ont pas reçu d'aide d´aucun organisme à ce jour, bien qu´ ils aient été déplacés au moins quatre fois, à Muzhangkaavil, Vanneari, Koa'naavil et maintenant à Uruththirapuram, chaque fois que des obus d'artillerie de la SLA frappent leur lieu de séjour.

Lorsqu'on lui demande pourquoi il manifeste tout en se plaignant que personne ne lui soit venu en aide, il dit qu'il y a eu des aides mais qu´elles n´ont pas atteint tout le monde. Il ajoute «plus que tout, la présence des ONG sur notre sol nous donne un sentiment de sécurité, le sentiment que nous ne sommes pas abandonné par la communauté mondiale, comme un peuple oublié, face à un génocide. Cela est très important pour garder vivant notre espoir et garder la foi que cette situation va changer.»

Mme Santhiraseakaram Anpu, qui a été déplacée de Kadduvan à Jaffna en 1990 en raison des offensives de la SLA, dit qu'elle a été déplacée à plusieurs reprises, a perdu son mari et sa fille, et n'est pas disposée à aller dans les zones contrôlées par l'armée. Son village natal a été transformé en zone de haute sécurité. Elle dit qu'elle craint que l'armée sri-lankaise bombe sans discernement les centres peuplés dans le Vanni quand les travailleurs de l'aide internationale auront quitté la région.

IDPs protest in Vanni
Les personnes déplacées bloquent les véhicules des ONG, à la 55ème borne, devant le magasin du PAM à Ki'linochchi, pour les empêcher de quitter le Vanni@@
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