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Un père en quête de justice

[TamilNet, 13. Septembre 2008 00:09 GMT]
Au lendemain du nouvel an de l´année 2006, quand l´étudiant Ragihar a été assassiné, comme dans une exécution avec ses quatre amis âgés de 20 sur l´autre berge de la Dutch Bay à Trincomalee, son père, le Dr Kasippillai Manoharan, a fait de la poursuite des coupables, la mission de sa vie. Les efforts de M. Manoharan lui ont apporté des menaces de mort de la part de militaires sri-lankais, largement reconnu comme responsable de ce crime, obligeant la famille à se réfugier au Royaume-Uni. Alors que sa famille lutte pour commencer une nouvelle vie, M. Manoharan s´est tourné vers les nouvelles voies judiciaire qui lui sont ouvertes en Occident pour poursuivre les assassins de son fils.

Manoharan Rajihar
Manoharan Rajihar
Des sources proches de M. Manoharan affirment que deux options s'offrent à lui, soit présenter le cas à la Cour pénale internationale et / ou déposer une plainte civile devant les tribunaux fédéraux des États-Unis.

Les statuts juridiques des États-Unis étendent leur juridiction à l'étranger pour couvrir les violations du droit international, en particulier les crimes contre l'humanité. Et ces poursuites civiles, se traduiront, en cas de succès, par une compensation pécuniaire pour les pertes subies, y compris les frais de justice.

M. Manoharan déclare que ces nouvelles voies qui s'offrent à lui représentent une possibilité bienvenue, après son combat dans la lutte pour la justice dans les tribunaux politisés du Sri Lanka.

Les investigations de la Commission d'enquête (COI) investie par le Président du Sri Lanka ont été suspendues lorsque des témoins qui ont fait leur déclaration à distance, par vidéoconférence, ont menacé de dénoncer la complicité de Colombo dans les violations des droits. En outre, le Président du Sri Lanka est intervenu pour forcer la démission d'un député tamoul de la commission en invoquant un conflit d'intérêts, ce qui rend inefficace la commission d´enquête.

Le Groupe international indépendant de personnalités éminentes (IIGEP), un groupe de juristes internationaux réunis pour superviser la COI, a quitté le Sri Lanka en déclarant que Colombo n'exprime pas la volonté politique de mener «avec vigueur une enquête dans les cas où la conduite de ses propres forces est mise en doute.»

La famille de Manoharan continue de pleurer la perte de leur fils.

Rajihar with Table Tennis and Chess trophies
Ragihar était un étudiant exemplaire qui attendait son entrée dans la faculté de médicine et était un excellent joueur de tennis de table et d'échecs. Selon son père, Ragihar entrainait, en tant que champion de tennis de table, dit son père, plusieurs membres de l´armée du Sri Lanka. Ragihar a reçu d´Australie la confirmation de l´d'attribution d´une bourse pour étudier la médecine, un mois après son assassinat.

Le meurtre a eu lieu au moment où l´étudiant rentrait du temple hindou de Trincomalee.

M. Manoharan est convaincu que le meurtre était prémédité. Il affirme avoir des preuves de l'implication de membres des forces de sécurité dans l´assassinat.

«Au moment de l'incident, Manoharan a reçu un court message de son fils sur son téléphone portable, qui lui disait que lui et ses amis suppliaient les hommes des forces de sécurité de ne pas tirer sur eux. Manoharan a immédiatement tenté de se rendre sur les lieux où il savait que son se trouvait, mais il a été arrêté à un poste de contrôle. Manoharan a déclaré dans une déposition le 10 janvier, avoir entendu les supplications des jeunes hommes et les coups de feu. Au même moment, les forces de sécurité ont également arrêtés brièvement trois-cent personnes au bord de mer, les ont forcé à s´agenouiller ou s´assoir et ont éteint tous les lampadaires, laissant les personnes dans le noir, a déclaré Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié quelques mois après les meurtres.

Les Forces de sécurité avaient initialement insisté sur le fait que, pour recevoir le corps de Ragihar, son père devait signer des documents déclarant que Ragihar avait été un membre des Tigres libérateurs. M. Manoharan a refusé de signer et a menacé de protester. Les forces de sécurité ont alors cédé.

Le journaliste Sugirdharajan qui a pris des photos montrant que les étudiants ont été tués à bout portant a été abattu le 23 janvier près du Secrétariat du gouverneur.

Dr Manoharan déclare qu´il continuera de poursuivre les assassins de son fils tant qu´il en sera physiquement apte.

 

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