Les livres scientifiques maltraitent l´histoire des Tamouls
[TamilNet, 03. Juillet 2008 07:34 GMT]
La présentation de l'histoire de l´Eezham Tamouls, dans certains de documents de référence internationaux tels que l´Encyclopedia Britannica et The World Factbook du CIA (US Central Intelligence Agency), est devenue un sujet de grave préoccupation pour les Tamouls du monde entier. Quand l'histoire elle-même est déconstruite dans les médias scientifques de l'ère postmoderne, ces sources internationales d'information portent encore la marque d'un orientalisme colonial, en fondant l'histoire sur des mythes.
Akazhaan, chroniqueur culturel
De nombreux lecteurs ont envoyé par courriel à TamilNet, des extraits de ces publications.
Voici certains des passages significatifs:
Britannica Concise Encyclopedia:
«Le peuple Cinghalais est probablement le résultat du mélange des populations autochtones avec les Indo-Aryens qui ont débuté leur migration en provenance de l'Inde au 5ème siècle avant J.-C. Les Tamouls ont ensuite suivi en provenance de l'Inde dravidienne, leur migration se poursuivant sur une période allant de quelques siècle avant J.-C., à 1200 environ. Le bouddhisme a été introduit au cours du 3ème avant J.-C. Avec la propagation du bouddhisme, le royaume cinghalais a étendu le contrôle politique de l'île, mais il l´a perdu face aux envahisseurs du sud de l'Inde au 10ème siècle. Entre 1200 et 1505, le pouvoir cinghalais a gravité autour du sud-ouest du Sri Lanka, tandis qu'une dynastie du sud de l'Inde a pris le pouvoir dans le nord et a créé le royaume Tamoul au 14ème siècle.»
CIA, The World Fact Book:
«Les premier Cinghalais sont arrivé au Sri Lanka vers la fin du 6ème siècle avant J.-C. probablement du nord de l'Inde. Le bouddhisme a été introduit vers le milieu du troisième siècle avant J.-C. et une grande civilisation s´est développée dans les villes d'Anuradhapura (royaume à partir de 200 av. J.-C. jusqu´à environ 1000 après J.-C.) et Polonnaruwa (de 1070 à 1200). Au 14ème siècle, une dynastie du sud de l´Inde a établi un royaume tamoul dans le nord du Sri Lanka. Les zones côtières de l'île ont été contrôlées par les Portugais au 16ème siècle et par les Hollandais au 17ème siècle. L'île a été cédée aux Britanniques en 1796, elle est devenu une colonie de la Couronne en 1802, et a été réunie sous la domination britannique en 1815. Elle est devenue indépendante sous le nom de Ceylan en 1948, puis elle a été rebaptisée Sri Lanka en 1972. Les tensions entre la majorité cinghalaise et les séparatistes tamouls ont fait éclater la guerre en 1983. Des dizaines de milliers de personnes ont trouvé la mort dans ce conflit ethnique qui continue de bouillonner. Après deux décennies de combats, le gouvernement et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont officiellement signé un accord de cessez-le-feu en février 2002, avec la Norvège comme intermédiaire aux pourparlers de paix. Les actes de violence entre les LTTE et les forces gouvernementales se sont intensifiés en 2006 et le gouvernement a repris le contrôle de la province orientale en 2007. En Janvier 2008, le gouvernement s´est officiellement retiré du cessez-le-feu, et a commencé à combattre les LTTE dans la partie nord du pays.»
Ces extraits montrent seulement que ce ne sont pas des études historiques sérieuses qui ont servi à la réalisation de ces ouvrages et documents cités ci-dessus.
L'histoire est une discipline fondée sur des faits vérifiables. Les interprétations historiques peuvent différer, mais il n'ya pas de justification scientifique à se servir de mythes historiques pour servir des objectifs politiques.
Le motif derrière les passages cités est évident. Ils sont nuancés de façon à nier la parité tamoule dans l'espace et le temps dans le patrimoine humain et culturel du Sri Lanka. Ils nient la participation inhérente des Tamouls à l'évolution de la civilisation de cette île.
Les revendications d´exclusivité dans la rédaction de l´histoire Cinghalaise Bouddhiste, découlant de la théorie de la migration aryenne, ont été dénoncées et contredites même par un grand nombre des historiens Cinghalais de haut niveau scientifique.
Pour des raisons bien connues, l´État sri-lankais, cherche à poursuivre ses manipulations de l'histoire. Mais pourquoi des éditeurs de référence internationale et des organismes aux ambitions globales doivent-ils mettre en jeu leur crédibilité en défendant des mythes invalidés comme faits historiques?
Sur ces sujets litigieux, il aurait été prudent de la part des éditeurs, de consulter les publications récentes sur l'évolution des groupes ethniques au Sri Lanka d'historiens et archéologues tamouls et cinghalais éminents, du calibre de K. Indrapala et Sudharshan Seneviratne, afin de présenter un profil sensible aux lecteurs du monde.
Les faits, les opinions et les débats scientifiques découlant des récentes recherches dessinent une image tout à fait différente du sujet discuté:

Photo satellite du Tamil Nadu et du Sri Lanka, montrant le récif de l'Adam's Bridge, un vestige du passage terrestre entre l'extrémité de la péninsule indienne et le Sri Lanka [Image satellite - NASA, Visible Earth]

Cētu ou Adam's Bridge, reliant Paampan en Inde et les îles de Mannaar au Sri Lanka [Photo satellite - Wikimedia Commons]

La falaise de limon rouge à Kuthiraimalai, qui correspond à Tēris sur la côte de Thirunelveli de l´autre côté du golfe du Mannaar. Ceci est considéré comme un vestige du paysage relié dans la préhistoire. [Photo satellite - Google Earth et NASA Visible Earth]

Formation d´Ira'naimadu Un exemple d'un paysage de Tēri en limon rouge et de gravier, qui recèle des outils préhistoriques sur la côte Sud-Est du Tamil Nadu. Vadali-vi'lai. [Photo - www.tn.gov.in]

Paysage de limon rouge et de dépôts de graviers, recelant des outils préhistoriques à Ira'naimadu, Ki'linochchi [Deraniyagala, photo - lankalibrary.com]

Outils préhistoriques (Microlithes) de la formation d´Ira'naimadu, Ki'linochchi [Deraniyagala, illustration - Lankalibrary.com]

Outils préhistoriques (paléolithique?), formation d´Ira'naimadu, Ki'linochchi [Deraniyagala, illustration - Lankalibrary.com]

Site préhistorique dans une grotte à Beli-Lena, Sri Lanka [Deraniyagala, photo - Lankalibrary.com]

Aththirampaakkam. Fouilles en cours dans un site paléolithique près de Chennai dans le Tamil Nadu [Photo - antiquity.ac.uk / projGall]

Outil préhistorique (paléolithique) qui était enfoui dans un gros morceau d'argile, venant d´une fouille à Aththirampaakkam dans le Tamil Nadu [Photo - antiquity.ac.uk / projGall]

Une tombe du mégalithique du type dolmen à Maraiyoor, Kerala [Photo - Wikimedia Commons]

Vestiges d´une sépulture mégalithique du type dolmen, à Kathirave'li, dans le district de Batticaloa, au Sri Lanka. De tels monuments sont appelés Kurakkup-paddadai en Tamoul ancien. (Kurakku signifie la mort et Paddadai signifie enclos). Le site de Kathirave'li porte localement le nom Kurangkup-padai-vempu (vempu signifie friche en Tamoul) [Photo – ‘Early settlements in Jaffna’ 1987 (Premières colonies à Jaffna)]

Urnes funéraires mégalithiques, découvertes au cours de fouille à Aathichcha-nalloor sur les du fleuve Thaamiravaru'ni dans le district de Thirunelveli du Tamil Nadu [Photo - Frontline, vol. 20, numéro 7]

Urne du mégalithiques exposée lors d´une fouille de sauvetage à Aanaikkoaddai, Jaffna [‘Early settlements in Jaffna’ 1987 (Premières colonies à Jaffna)]

Un exemple d´inscription en Tamoul Brahmi dans le Tamil Nadu [Iravatham Mahadevan, photo - Frontline, vol. 20, numéro 7]

Un exemple d´inscription en Brahmi au Sri Lanka [Photo - Ceylon Brahmi Inscriptions]

Inscriptions en Brahmi et graffitis sur des tessons découverts lors des fouilles d'Anuradhapura. Sur un des fragments on peut lire «...Tayā - Kuṭe + symbole graphique» (le pot de quelqu'un) Kuṭe est du Prâkrit ainsi que du Dravidien. (Kudam en Tamoul.) [Illustration - nibbanam.com]

Graffiti sur la première ligne et Brahmi sur la deuxième ligne. Un sceau de la fouille du mégalithiques à Aanaikkoaddai, Jaffna. Selon la légende Brahmi «Koveta» (Kō-vēt-a) veut dire en Tamoul / Dravidien
Le Sri Lanka n´était pas une île au temps de ses premiers habitants. Il y avait un pont terrestre dans la région de Cetu ou Adams Bridge, qui relie aujourd'hui le Tamil Nadu au Sri Lanka, par l'intermédiaire duquel les animaux et les humains sont allés et venus.
Les traces géologique font penser que ce pont terrestre a disparu il y a juste cinq à huit mille ans. Même ensuite, les contacts par les eaux peu profondes reliés par une chaîne de bancs de sable ne peuvent être exclus, ainsi qu´il était possible dans la limite des moyens technologiques primitifs.
Le moment exacte du premier habitat humain n'a pas encore été déterminé avec précision, même si les dates on suppose que c´était il y a 70000 ans ou plus. Mais un phénomène évident, qui a été souligné à plusieurs reprises dans les recherches scientifiques, à partir du 19ème siècle, est la frappante ressemblance entre la culture préhistorique Tēri (rouge limon et monticules de gravier) de la pointe sud du Tamil Nadu avec celle du Sri Lanka. (Selon Noons, Zeuner, Deraniyagala et une foule d'autres chercheurs).
Les hommes préhistoriques n'ont pas tout simplement disparu, mais c´est détourner l'écriture de l´histoire, que d´établir un lien uniquement «entre les habitants autochtones du Sri Lanka et l´apparition des Cinghalais ainsi qu´il est décrit dans la version citée de l'Encyclopedia Britannica. Même si les Veddas en sont, dit-on, les descendants directs, selon la génétique et l'anthropologie physique de ladite souche préhistorique, ils sont également à la base de chaque ethnie indigène au Sri Lanka, ainsi que des groupes ethniques de l'autre côté du détroit de Palk et du golfe de Mannaar.
Il s'agit d'un patrimoine anthropologique commun, non seulement des Cinghalais, des Tamouls d´Eezham et d´une grande majorité des musulmans au Sri Lanka, mais aussi des Tamouls des montagnes au Sri Lanka, qui sont venus au 19ème siècle de la même région du Tamil Nadu et par le même chemin que les hommes préhistoriques.
La culture qui a marqué la phase entre la fin de la préhistoire et le début de l'histoire (apparition de documents écrits lisibles) dans l'île du Sri Lanka est appelée aujourd'hui la culture mégalithique.
Dans le contexte du Sri Lanka, elle a débutée vers les premiers siècles du premier millénaire avant notre ère et a continué à l'aube de notre ère, avec des chevauchements dans ses phases ultérieures avec l'avènement du bouddhisme et l'apparition de l'écriture phonétique.
De récentes recherches ont montré la grande prédominance de cette culture sur toute l´étendue de l'île. Selon la perception scientifique actuelle, c'était la culture mégalithique qui a été à l´origine de l'urbanisation, de la civilisation et de la création des États au Sri Lanka.
Kantarodai au nord, Anuradhapura au centre et Mahagama au sud ont été quelques-uns des premiers centres urbains, (selon Vimala Begley, Allchin, Kennady, Coningham, SPF Seneratne, Deraniyagala, Sudharshan Seneviratne, Indrapala, Sitrampalam et Ragupathy).
Il est un fait archéologique établi que la culture mégalithique est essentiellement un phénomène du sud de l'Inde du premier millénaire avant notre ère. Sa prédominance et l'absence de toute autre caractéristique culturelle au Sri Lanka avant l'avènement du bouddhisme, rend difficile d´envisager ce que l'on appelle les migrations indo-aryenne massives, directement venues de l'Inde du Nord, menant le peuple Cinghalais vers l'île.
Indo-aryenne et dravidienne sont plutôt des termes linguistique et il est trompeur de les utiliser pour des peuples de cette période dont il ne reste pas de preuve objective de la langue ou des langues qu'ils auraient parlées.
L'arrivée du bouddhisme à la moitié du troisième siècle avant notre ère, sur les efforts de l'empereur Maurya, Ashoka est un fait historique. Des traces écrites sous forme d´inscriptions en brâhmî, fournissant les premières informations objectives sur les groupes ethniques du Sri Lanka, apparaissent aussi à peu près au même moment.
L'alphabet Brâhmî de ces inscriptions a les deux caractéristiques: celles du Brâhmî tamoul ainsi que du Brâhmî Ashoka. La langue de ces inscriptions est en grande partie le Prâkrit mélangé avec des termes dravidiens. Le Cinghalais à cette époque en était encore au stade d´évolution vers une langue distincte.
Les relations génétiques entre les Prâkrits de l'Inde et les Proto-dravidienne est un autre sujet qui n´a pas encore été examiné de façon satisfaisante par les scientifiques.
Il n'est fait aucune mention du mot Cinghalais ou ethnie cinghalaise dans les mille inscriptions disparates qui nous sont parvenues de cette époque. Au contraire, la plupart des noms et des titres de tribus, que nous trouvons dans ces inscriptions montrent seulement des affinités avec les clans de l'ancien pays tamoul (selon Sudharshan Seneviratne et Indrapala).
Il existe également des inscriptions où des individus qui se sont eux-mêmes identifiés en tant que Tamouls, ont fait des dons à l'ordre bouddhiste.
Ce qu´on peut en déduire, c'est que le peuple qui s´est en fin de compte identifié en tant que Cinghalais n´est pas venu de terres lointaines. Il a en grande partie appartenu à la même base de population venue de la péninsule voisine de l´Inde, il partage les mêmes caractéristiques culturelles et a peu à peu évolué vers une ethnie distincte, de la même façon que les entités ethno linguistique voisines.
La popularité continue du bouddhisme au Sri Lanka, même après sa disparition dans la péninsule indienne et l´influence de Pali, qui fut l'un des Prâkrits, qui en résulte donne une autre nuance à cette formation cinghalaise bouddhiste.
Une identité cinghalaise bouddhiste définie, avec ses mythes n´apparait pour la première fois que dans les chroniques de Pali, Dīpavaṅsa et Mahāvaṅsa, datées du 4ème au 5ème siècle de notre ère. Même une telle littérature, qui décrit les Tamouls comme des envahisseurs, ne permet pas de relier les Pandyas des contrées tamoules du sud avec la genèse des Cinghalais au Sri Lanka.
Le héros mythique de cette chronique et ses compagnons, seraient venus d'un lieu non identifié du sous-continent, ont apporté des épouses du pays Pandyan et leurs descendants sont les Cinghalais.
La projection historique de ces chroniques bouddhiste; forgés aux nécessités sectaire, chargé de mythes et narrant des événements ancien de plusieurs siècles d´avant leur rédaction doivent être soigneusement examinés avant de s'en servir pour l'écriture d´une l'histoire objective.
Les premières témoignages cinghalais écrits, c'est-à-dire Sīyaḷa et Sīhaḷa sont plutôt géographique qu´ethnique lors de leur première apparition dans des inscriptions en dehors du Sri Lanka dans les premiers siècles après J.-C. Un peu plus tôt, à l'aube de notre ère, est apparu le mot Eezham, là encore en dehors du Sri Lanka dans une inscription en Tamoul Brâhmi et dans les écrits Changkam.
Sīhaḷa, Sīyaḷa, Eezha, Iḷa, Eḷu et Hela semblent être de précoces termes géographique de l'île. Les Maldiviens appellent selon leur tradition le Si Lanka Eḷu-dhoo-karaa (la terre de Eḷu île). Lanka est un autre terme géographique, qui signifie simplement île, probablement en langue aborigène.
Le terme géographique, qui était attribué à toute personne qui appartenait à l'île, a fini avec la polarisation des identités, par être considéré comme un terme exclusivement ethnique. Bien qu´Eezham soit devenu d´usage parme les Tamouls pour définir l'identité géographique, ‘Sinhala’ définit l'identité ethnique des Cinghalais.
L´identité tamoule est particulière à cet égard, elle se fondant sur la langue et ne se limite pas à la définition en usage généralement en Asie du Sud où la géographie est la base pour les identités ethnolinguistiques.
Ce qu´on peut déduire des témoignages rassemblés, c'est que l´identité tamoule d´Eezham du Sri Lanka n'était pas seulement parallèle à l´identité cinghalaise, mais également parallèle à celle des Tamouls du Tamil Nadu.
Ce n'est pas seulement une extension de l’identité tamoule du Tamil Nadu. La structure sociale des Tamouls d´Eezham sont une évolution et le résultat de l´interaction des hommes avec la terre du Sri Lanka au long de l'histoire.
Une personne qui a été à l´origine d´une inscription tamoule Brâhmi, datée du début de notre ère, à Thirupparangkun'ram dans le style du Tamil Nadu, se nomme Eezha Kudumpikan (le ‘chef de famille’ d´Eezham). Un autre, un poète de la littérature Changkam était appelé Eezhaththu Poothan Theavanaar (Le Poothan Theavan d´Eezham). Il est important pour percevoir le développement parallèle, de noter le besoin de ces Tamouls d'affirmer leur identité d´Eezham dans le Tamil Nadu.
Le groupe des tamouls d´Eezham a été un partenaire actif dans les affaires d'État, de l'économie et de la culture de l'île tout au long de son histoire. Parmi les dirigeants du Sri Lanka il ya eu des Tamouls et de nombreux autres avec des liens tamouls. Il y avait des généraux tamouls aux côtés des dirigeants cinghalais qui ont combattu les invasions et les empires des dynasties du sud de l'Inde.
L'évolution historique a fini par entraîner la revendication par le groupe des tamouls d´Eezham et par le groupe des Cinghalais de régions géographiques distinctes et de royaumes distincts à partir du 13ème siècle de notre ère. Il n'existe pas de témoignages de guerres ou de concurrence ethnique au cours de cette phase. Les affrontements n´étaient pas féodaux, mais culturels.
Les Tamoul et le Sivaïsme ont été patronnés sans aucune animosité, même dans les royaumes cinghalais. Le roi de Kotte, Bhuvanehabahu VII, a signé le traité avec les Portugais en tamoul. À la chute du dernier royaume dans les mains de l´empire britannique, l'un des dirigeants de Kandy, Ratwatta Disawa, l'ancêtre de Srimao Bandaranayake, a signé le traité en tamoul.
Les concepts modernes de nationalisme fondée sur la langue, la religion, l'origine ethnique, etc. nous sont parvenus en particulier par le colonialisme britannique.
L´Histoire, qui s´est développé comme une discipline scientifique moderne au 19ème siècle, et qui est devenue en Europe la servante du nationalisme et l'impérialisme nous est également parvenue à ce moment-là.
Les chercheurs orientalistes coloniaux, qui ont été enthousiastes à inventer ces cousins indo-aryens dans cette partie du monde, ont créé assez de mythes dans ce processus pour le brahmanisme en Inde et l´élitisme bouddhiste cinghalais au Sri Lanka.
La partialité de l´écriture historique a amené de nouvelles inégalités sociales, des affrontements et la concurrence.
Il convient de noter qu'aucun de ces chercheurs orientalistes qui ont traduit et mis en lumière les textes sanskrit et les canons bouddhistes n´ont jamais tenté la même chose avec les textes tamouls. Les textes tamouls anciens ont dû attendre des scientifiques tamouls tels qu´Arumuga Navalar, Thamotharam Pillai et Saminathaiyar pour accéder à la lumière de la publication. Ils continuent d´attendre une traduction.
Les groupes tamouls et cinghalais se seraient mieux compris et auraient été mieux compris des autres et des étrangers, si les recherches avaient été comparatives et non séparatives. Il n´existe par exemple encore aujourd'hui pas de dictionnaire étymologique comparatif entre le Tamoul et le Cinghalais. La combinaison entre l'orientalisme et le nationalisme au Sri Lanka a choisi la voie d'être exclusif plutôt qu´inclusif.
Le résultat combiné de ces forces au travail a été une simplification excessive et destructive de l'histoire du Sri Lanka, affirmant que les Cinghalais sont des Indo-Aryens qui sont venus de l'Inde du Nord au 6ème siècle avant notre ère et que les Tamouls dravidiens qui ont émigrés par la suite, sont des envahisseurs, des commerçants et des mercenaires qui ont arraché une partie de la terre promise des Cinghalais.
A ce propos, on trouve plus de migrants tardifs Tamouls et Malais parmi les Cinghalais, particulièrement au sein de l'élite, que ce ne le cas avec des ancêtres des familles Bandaranayake et Jeyawardane (James T. Rutnam).
Pour conclure, avec les mots d´un historien sri-lankais renommé, le professeur Leslie Gunawardana:
«Il est important de noter que la théorie aryenne n'était pas simplement quelque chose d'imposé d'en haut par les chercheurs orientalistes. Elle a été très bien accueillie par la plupart des chercheurs Cinghalais qui trouvaient la théorie aryenne flatteuse dans la mesure où elle les élève au rang de parents proches de leurs dirigeants» [Colonialism, Ethnicity and the Construction of the Past 1994, (Colonialisme, ethnicité et la construction du passé)].